INVESTIR 7 min de lecture

Les actions en bourse, c'est quoi exactement ?

Acheter des « actions » : tout le monde en parle, peu de gens t'expliquent ce que c'est concrètement. Pourquoi ça monte, pourquoi ça baisse, qui décide les prix, et ce que tu possèdes vraiment quand tu en achètes une. Sans jargon.

Une action, c'est quoi en vrai

Une action, c'est un petit morceau d'une entreprise. Quand tu en achètes une, tu deviens légalement co-propriétaire de l'entreprise, en proportion infime, mais réelle.

Si Apple a émis 15 milliards d'actions et que tu en détiens 10, tu détiens 10 / 15 milliards d'Apple. Ridicule en pourcentage, mais c'est ta part, tu reçois ta quote-part éventuelle des dividendes, tu peux voter en assemblée générale (proportionnellement), et si l'entreprise est rachetée, tu touches ta part.

D'où vient le prix d'une action ?

Le prix se fixe en temps réel sur la base d'un seul mécanisme : l'offre et la demande. À chaque instant, des millions d'investisseurs envoient des ordres d'achat et de vente. Le prix d'équilibre, c'est celui où une transaction peut se faire.

Mais d'où vient l'envie d'acheter ou de vendre ? De la valeur perçue de l'entreprise, qui dépend de plein de facteurs :

  • La performance économique : l'entreprise gagne-t-elle de l'argent ? Augmente-t-elle ses ventes ?
  • Les perspectives : le marché sur lequel elle opère est-il en croissance ? Quelle concurrence ?
  • L'environnement général : taux d'intérêt, économie mondiale, géopolitique, climat.
  • La psychologie collective : panique, euphorie, mode passagère.

Le prix d'aujourd'hui est donc une opinion collective sur ce que vaut l'entreprise et ce qu'elle vaudra dans le futur. Cette opinion change en permanence, parfois rationnellement, parfois pas.

Comment on gagne de l'argent avec une action, 2 façons

1. La plus-value

Tu achètes une action 50 €, tu la revends 70 € : tu as fait 20 € de plus-value. C'est la façon la plus visible de gagner avec une action, mais aussi la plus médiatisée et celle qui peut basculer dans le négatif si tu vends moins cher que ton prix d'achat.

2. Le dividende

Quand une entreprise fait des bénéfices, elle peut décider d'en redistribuer une partie aux actionnaires sous forme de dividendes. Concrètement : tu détiens 100 actions à 50 €, l'entreprise verse 1,50 € de dividende par action, tu touches 150 € en cash sur ton compte titres. Sans avoir vendu.

Toutes les entreprises ne versent pas de dividendes. Les jeunes entreprises en forte croissance (type Tesla à ses débuts) préfèrent réinvestir leurs bénéfices pour grandir. Les entreprises matures (TotalEnergies, Sanofi, Coca-Cola) versent des dividendes réguliers.

Pourquoi le prix bouge autant, et c'est normal

Une action peut gagner ou perdre 5 % en une journée sans qu'il se soit passé grand-chose. C'est ce qu'on appelle la volatilité. À court terme, le prix reflète surtout l'humeur du marché. À long terme, il reflète la performance réelle de l'entreprise.

Pour un investisseur particulier, ça veut dire deux choses importantes :

  • Si tu peux voir ton portefeuille perdre 30 % en quelques semaines (ça arrive régulièrement) sans paniquer, les actions sont pour toi sur le long terme.
  • Si tu as besoin de cet argent dans moins de 5 ans, les actions ne sont probablement pas la bonne solution, le risque de devoir vendre au pire moment est trop grand.

Action en direct vs ETF : laquelle choisir ?

Tu peux acheter des actions de deux manières :

  1. En direct : tu choisis toi-même les entreprises (LVMH, Air Liquide, etc.). Avantage : contrôle total, satisfaction de comprendre tes positions. Inconvénient : il faut vraiment t'informer, accepter de te tromper sur certaines, et diversifier prend du temps et de l'argent.
  2. Via un ETF : tu achètes un panier qui contient déjà des dizaines ou centaines d'actions. Avantage : diversification immédiate, frais bas, simplicité. Inconvénient : tu ne choisis pas individuellement les entreprises.

Beaucoup d'investisseurs particuliers combinent les deux : une base ETF large pour la diversification, et quelques actions en direct pour des convictions personnelles ou des entreprises qu'ils connaissent bien.

Les vrais risques à connaître

  • Risque de perte en capital. Une action peut perdre toute sa valeur (si l'entreprise fait faillite). C'est rare pour les très grandes entreprises mais ça arrive.
  • Risque de marché. En cas de crise généralisée, toutes les actions baissent en même temps, même les bonnes entreprises.
  • Risque de timing. Si tu dois vendre dans un creux pour des raisons personnelles, tu cristallises la perte.
  • Risque psychologique. Le plus sous-estimé. Beaucoup d'investisseurs réalisent leurs pertes en panique en bas de marché, alors que statistiquement, c'est le plus mauvais moment pour vendre.

Dans quelles enveloppes loger ses actions ?

En France, tu as essentiellement trois options :

  • PEA (Plan d'Épargne en Actions) : actions européennes uniquement (et certains ETF synthétiques répliquant des indices monde). Plafond 150 000 €. Fiscalité très avantageuse à 5 ans : exonération IR, prélèvements sociaux 18,6 % seulement.
  • Assurance vie en unités de compte : possible d'y loger des UC actions ou des UC ETF. Fiscalité avantageuse à 8 ans (abattement annuel de 4 600 € sur les gains pour une personne, 9 200 € pour un couple).
  • Compte-titres ordinaire (CTO) : aucun plafond, accès à toutes les actions du monde, mais fiscalité moins favorable (PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique, la « flat tax » sur les gains financiers) 31,4 % par défaut).

Pour creuser, voir notre guide complet du PEA, notre article sur l'assurance vie, et notre article général sur les ETF.

3 idées reçues à éviter

  • Investir en bourse c'est jouer au casino. » Non. Au casino, l'espérance mathématique est négative. À long terme, l'économie crée de la richesse, donc l'investissement large et diversifié a une espérance positive. La volatilité court terme ne change pas cette logique.
  • Il faut suivre l'actualité tous les jours. » Si tu construis un portefeuille diversifié pour 20 ans, lire l'actualité boursière quotidiennement est plus susceptible de te faire faire des erreurs (paniquer, vendre, racheter trop cher) que de t'apporter quelque chose. Les meilleurs investisseurs particuliers sont ceux qui regardent leurs comptes deux fois par an.
  • On peut prédire les marchés. » Personne ne le fait correctement, sur la durée, statistiquement parlant. Les méthodes les plus solides reposent sur la régularité (DCA), la diversification, et la patience.

Continue à apprendre

Mon Petit Capital, c'est 56 chapitres pédagogiques, 7 simulateurs dont 6 gratuits et 125 termes décryptés. En accès libre.

Voir le parcours →

Mon Petit Capital n'est pas Conseiller en Investissement Financier (CIF, art. L.541-1 CMF). Contenu pédagogique uniquement, ne constitue pas une recommandation personnalisée.

Newsletter · Gratuit

Reçois nos prochains décryptages par email

~1 email par semaine. Sans pub, sans revente, désinscription à tout moment.

Inscription = acceptation de notre politique de confidentialité.

Continuer à lire

Voir tous les articles du blog

15 articles pédagogiques · Lecture rapide · Sans paywall